jeudi 18 décembre 2025

Une plaque commémorative bientôt au 1 place du Québec

Bonjour,

Ce jeudi 18 décembre 2025, le Conseil de Paris a voté la pose d'une plaque commémorative après les interventions de :

Mme Geneviève GARRIGOS (PEC)

Mme Raphaëlle RÉMY-LELEU (les Écologistes)

Mme Elisabeth STIBBE (LR-LCI)

Mme Dominique KIELEMOËS (PEC)

Mme Douchka MARKOVIC (les Écologistes)

Mme Laurence PATRICE (2ème Commission) rapporteure.

Le texte de la plaque est le suivant :

« EN MÉMOIRE DES VICTIMES ASSASSINÉES ET BLESSÉES

« LORS DU FÉMINICIDE DE L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL,

« AU QUÉBEC,

« LE 6 DÉCEMBRE 1989 »


Florence Montreynaud n’a pas ménagé ses efforts pour que cette plaque existe ! Nous pourrons désormais nous y recueillir.

Je veux remercier aussi Geneviève Garrigos, conseillère de Paris, qui participe à notre commémoration de 2020. Son intervention au Conseil de Paris est à l’aune de son engagement. En voici le texte.


 

Conseil de Paris – Séance du 16 au 19 décembre 2025

Intervention de Geneviève Garrigos

DAC 463 Apposition d'une plaque commémorative en hommage aux victimes du féminicide de l’École Polytechnique de Montréal (Québec), le 6 décembre 1989, au 1, place du Québec (6e)

Madame la Maire,

Mes cher·es collègues,

Geneviève Bergeron, 21 ans

C’est une liste de noms, de femmes inconnues du grand public et pour une bonne raison : parce qu’elles ont été fauchées très jeunes, au moment de tous les possibles, alors qu’elles se destinaient à de brillantes études.

Hélène Colgan, 23 ans

Elles ont des airs de grandes adolescentes sur les photos d’identité, figées dans la mode des années 1980, qui figurent sur la plaque apportée tous les ans, pour la cérémonie à leur mémoire, sur la place du Québec.

Nathalie Croteau, 23 ans

Ces quatorze femmes ont un nom, elles avaient des rêves, des envies, des amis et des amours, mais ce n’est pas pour ça qu’elles ont été abattues : c’est parce qu’elles avaient l’outrecuidance d’être, bêtement, des femmes, et de faire des études.

Barbara Daigneault, 22 ans

Elles ont été tuées parce que, comme le disait le terroriste qui leur a ôté la vie « Vous n’êtes toutes qu’un tas de féministes, je hais les féministes ». Un tas de féministes qui saignent et qui meurent quand on leur tire dessus.

Anne-Marie Edward, 21 ans

Les roses blanches, elles aussi, font un tas. On les dépose une à une place du Québec, sur le pavé déchiré par les plaques de bronze qui forment la fontaine « L’embâcle » à cet endroit.

Maud Haviernick, 29 ans

Les noms s’égrènent dans le froid, le vent et parfois la pluie du 6 décembre.

Barbara Maria Klucznik, 31 ans

Des inconnues ou des plus connues sont là, chacune déposant la rose blanche à l’appel du nom qui lui a été désigné.

Maryse Laganière, 25 ans

Avec le chœur des Voix rebelles, on chante quelques chansons : une composition spéciale sur le massacre antiféministe, l’hymne des femmes bien sûr, une internationale revisitée par la Marche des femmes pour parler sororité au-delà des frontières.

Maryse Leclair, 23 ans

C’est une petite commémoration, discrète, organisée sans discontinuer, même lors de l’état d’urgence ou dans l’année du confinement, d’abord par Florence Montreynaud, puis par Cy Jung, avec quelques fidèles et des collectifs féministes divers. Je suis fidèle à ce rendez-vous depuis que je l’ai découvert en 2020, il marque une solidarité toute simple qui n’oublie pas ces femmes depuis 25 ans.

Anne-Marie Lemay, 22 ans

Je suis heureuse que nous puissions enfin, avec l’accord de la copropriété, mettre une plaque sur cette place en hommage aux victimes de l’attentat antiféministe de Montréal le 6 décembre 1989, premier féminicide de masse revendiqué dans l’histoire moderne.

Sonia Pelletier, 28 ans

Car il est grand temps de rétablir cette simple vérité, à l’heure où les mouvements masculinistes instillent leur poison geignard dans la tête des plus impressionnables : « le féminisme n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours » comme le disait Benoîte Groult.

Michèle Richard, 21 ans

Alors plutôt que de nous souvenir de l’assassin de Montréal, de ses épigones niaiseux et des apologistes du terrorisme misogyne, souvenons-nous de ces femmes, de ces vies inachevées, de ces promesses restées en l’air.

Annie Saint-Arneault, 23 ans

Souvenons-nous que cela a été, que ces femmes ont existé, et souvenons-nous aussi de toutes les autres dont la vie a été marquée par la violence ce jour-là et depuis.

Annie Turcotte, 21 ans

La solidarité de Paris sera désormais marquée dans la pierre, ainsi que ce petit mot qui fait toute la différence : féminicide.

Je vous remercie.


samedi 13 décembre 2025

6 décembre 2025

Bonsoir,

Nous commémorons ce 6 décembre le massacre antiféministe de l’école Polytechnique de Montréal, massacre au cours duquel quatorze femmes ont été assassinées par un terroriste masculiniste.

Je vous remercie sincèrement d’avoir répondu à mon invitation, vous, femmes et hommes engagé·es contre toutes les violences sexistes.

Je remercie également Geneviève Garrigos, conseillère de Paris qui, par sa présence, témoigne de son soutien.

Le 6 décembre 1989, quatorze femmes ont été assassinées, d’autres ont été blessées, par un terroriste masculiniste. Armé d’un fusil-mitrailleur, il est entré dans l'École Polytechnique de Montréal, a pénétré dans une salle de cours, en a fait sortir les hommes et a tiré sur les femmes présentes au cri de « Je hais les féministes. » avant de poursuivre ses crimes dans les couloirs. On a trouvé sur lui un tract antiféministe et une liste de femmes connues qu’il voulait également assassiner.

Ce massacre n’est pas l’acte d’un fou isolé. C’est un acte terroriste visant à revendiquer la toute-puissance de la domination masculine.

Aujourd’hui, beaucoup considèrent ce massacre comme fondement de l’idéologie masculiniste moderne. Le journal l’Humanité y a consacré un article cet été suite à un attentat déjoué par la DGSI à Saint-Étienne.

Un jeune homme se revendiquant de la mouvance INCEL, ces « célibataires involontaires » qui vouent une haine crasse aux femmes, a été arrêté à la porte d’un lycée avec des couteaux et l’intention de tuer des femmes. Le parquet antiterroriste s’est saisi. C’est une première dans notre pays qui dit combien la menace enfle et combien notre vigilance est essentielle.

Je vous remercie d’autant, chacune, chacun, d’être là ce 6 décembre, les précédents, les futurs. Porter la Mémoire est toujours un acte politique majeur. Portons-la.

À l’appel du nom de chaque femme morte au cours de ce massacre, j’invite les quatorze personnes avec une rose à venir la déposer au pied de cette fontaine de l'artiste québécois Charles Daudelin qui accueille depuis plus de vingt-cinq ans notre recueillement.

Elles s’appelaient Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Barbara Maria Kluznick, Maryse Laganière, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard, Annie St-Arneault et Annie Turcotte.

Je vous demanderai à présent une minute de silence.

Avant de vous laisser entre les mains des Voix rebelles qui accompagnent cette commémoration, je veux vous dire un mot de l’initiative de Florence Montreynaud de demander à la Ville de Paris qu’elle appose en ce lieu une plaque commémorative.

En fait, je vais laisser ce mot à Geneviève Garrigos qui, je crois, est porteuse d’une bonne nouvelle.

Geneviève Garrigos nous annonce qu’elle portera lors du Conseil de Paris du 16 décembre 2025 une délibération relative à la pose d’une plaque commémorative au 1 place du Québec.