dimanche 6 décembre 2015

Commémoration du 6 décembre 2015

14 rose et le texte rappelant les fait sur la fontaine, place du Québec.

Commémoration interlope du massacre antiféministe de Polytechnique Montréal

 

L'état d'urgence suite aux attentats du 13 novembre interdisait toute manifestation ce 6 décembre 2015. Et pourtant.

Nous étions six ce soir à nous promener par hasard place du Québec à Paris, ravis que le jour et l'heure soient les bons pour partager nos pensées émues et nos roses avec les quatorze femmes victimes du massacre antiféministe de Polytechnique Montréal le 6 décembre 1989.
Il y avait là Laurie, doctorante venue de Suède, qui tient l'appareil photo, Flora, coprésidente du Centre LGBT Paris-IDF, Soizick, dessinatrice, Nicolas, coprésident de David et Jonathan, Isabelle, directrice Inclusion & Développement durable à Paris 2018 et moi-même. Une personne s'est arrêtée au déclenchement d'une photo. Gageons qu'elle ne m'en veuille pas d'y rester, elle y a toute sa place.
Un merci très chaleureux à Florence Montreynaud sans qui cette commémoration parisienne n'aurait pas lieu. Elle a été contrainte d'annuler la commémoration officielle pour des raisons de sécurité. Nous étions tous les six très fiers de porter son engagement en ces quelques minutes de recueillement interlope.
À l'année prochaine !

Cy Jung, écrivaine.

Je dépose les roses restant après que chaun ait déposé la sienne.

Nous nous recueillons après le dépot des roses.




 

dimanche 6 décembre 2009

[Archives du réseau Encore féministe !] Comméoration du 6 décembre 2009

 Allocution de Regan Kramer, prononcée le 6 décembre 2009
place du Québec, à Paris.

Toutes et tous ici, nous avons déjà entendu parler de la difficulté des filles à accéder à l'éducation, que ce soit en Asie, en Afrique, en Amérique Centrale ou ailleurs. Néanmoins, il n'est pas inutile de nous rappeler qu'en novembre 2008, dans une région d'Afghanistan contrôlée par les Taliban, 6 hommes masqués à moto ont aspergé d'acide le visage de 11 jeunes filles et de 4 professeures qui se rendaient à pied à une école pour filles. Elles ont toutes survécu à l'attaque, mais avec des séquelles, souvent graves.

Le plus extraordinaire dans l'histoire, c'est que presque toutes ont repris le chemin de l'école dès qu'elles l'ont pu. Shamsia Humeini avait 17 ans lors de l'attaque. Ses yeux ont été abîmés par l'acide, et elle ne peut plus lire. Ses professeurs l'ont encouragée à reprendre ses études quand-même. A un journaliste du New York Times venu dans son école qui s'étonnait que ses parents l'autorisent à y retourner, elle a expliqué : « Mes parents m'ont dit qu'il faut que je poursuive me études, même s'ils me tuent. »

"Même s'ils me tuent."

Tragiquement, ce n'est pas qu'une façon de parler, car si nous sommes réunis ici aujourd'hui, c'est parce que partout dans le monde - même au Canada, un pays pourtant réputé pour son esprit d'ouverture, et sa culture peu violente - il y a des gens qui sont prêts à tout - et même au meurtre - pour empêcher les filles de s'instruire, que ce soit parce qu'ils estiment que les filles n'ont pas besoin d'apprendre car leur seule vraie vocation c'est d'être mère de famille, de n'exercer de pouvoir qu'au lit ou dans le seul cercle familial, ou parce qu'ils estiment que chaque fois qu'une fille accède à l'éducation, voire à un travail bien rémunéré, elle leur vole une place qui leur revient de droit, en tant qu'homme, en tant que mâle.

Toujours est-il qu'il y a 20 ans aujourd'hui, Marc Lépine, un Canadien de 25 ans, est entré dans l'Ecole Polytechnique de Montréal armé d'un fusil et d'un couteau de chasse. Dès la première salle de cours, il a fait sortir les 60 étudiants garçons avant de tirer sur les 9 étudiantes filles criant « Je hais les féministes ». Puis il a continué son funeste trajet, qui s'est soldé par 14 morts : 13 étudiantes et une secrétaire.

14 jeunes femmes courageuses, dont 13 désireuses d'exercer un métier dit « masculin », sont donc tombées sous les balles sexistes. 14 femmes victimes de l'expression la plus extrême, la plus brutale, de l'idée qu'il y a une place pour les filles - à la maison, aux fourneaux, au lit, ou auprès d'un berceau - et une autre pour les garçons - sur les bancs de l'école ou du Parlement, dans les postes à pouvoir dans les affaires ou la politique.

Mais si ces 14 femmes sont devenues des symboles, des martyres malgré elles du féminisme, elles étaient d'abord des êtres humains, avec des parents, des camarades, des amis… Et tout comme les parents de Shamsia Humeini, cette jeune Afghane au visage brûlé à l'acide, les parents de ces jeunes femmes comprennent tout le sens du sacrifice de leur fille.

En 1995, j'ai assisté à la conférence Onusienne des droits des femmes à Pékin. À un atelier sur la violence faite aux femmes, une femme d'une cinquantaine d'années a pris la parole. « Certaines d'entre vous se souviennent sûrement du massacre à l'Ecole Polytechnique de Montréal » a-t-elle commencé. « Moi, je ne l'oublierai jamais. Je suis la mère de l'une des filles tuées. Avant le massacre, je ne me considérais pas comme une féministe. Mais depuis, je me bats pour défendre le principe pour lequel ma fille est morte. Pour que ma fille et ses camarades ne soient pas mortes en vain, il ne faut pas que nous baissions les bras. Il faut défendre le droit des filles et des femmes… d'aller à l'école, d'aller partout. Et il ne faut jamais oublier le sort de ma fille, ni de toutes les autres filles et femmes dans le monde victimes de la violence masculine, victimes de l'idée qu'elles ne sont pas partout à leur place. »

Ainsi, aujourd'hui, 20 ans jour pour jour après cette tuerie, nous sommes là pour nous en souvenir ; nous sommes là pour rendre hommage à la mémoire de ces victimes du sexisme ; nous sommes là pour dire à cette mère que non, nous n'oublierons pas sa fille, ni aucune des autres.

jeudi 6 décembre 2007

[Archives du réseau Encore féministes !] Commémoration 6 décembre 2007

En 2007, nous avons lu des passages d'Andrea Dworkin. (discours, 6 déc. 1990, extraits de Pouvoir et violence sexiste, trad. Martin Dufresne, éd. Sisyphe, Montréal, 2007). Pour entendre Dworkin dire l'original, : ici puis cliquer sur "Montreal Speech".

mercredi 6 décembre 2006

[Archives du réseau Encore féministes !] Commémoration du 6 décembre 2006

6 décembre 2006, Paris-Montréal
Le réseau "Encore féministes !" a commémoré à Paris le massacre
antiféministe de l'École polytechnique, à Montréal.

Le 6 décembre 1989, un homme armé d'un fusil-mitrailleur est entré dans l'École polytechnique de Montréal et a tiré sur plusieurs femmes ; il a pénétré dans une salle de cours, il a dit aux hommes de sortir. Puis il a crié « Je hais les féministes », il a tiré et s'est suicidé.
Au total, il a tué quatorze femmes et en a blessé dix-neuf.

Au Canada, le 6 décembre est la Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes.
Le drapeau du Québec a été mis en berne devant l'Assemblée nationale, et il n'y a pas eu de cours à l'École polytechnique.
De nombreux organismes et des centres de femmes ont organisé une cérémonie en déposant des gerbes de quatorze roses blanches.

Comme chaque 6 décembre depuis la fondation de notre réseau en 2001, nous nous sommes retrouvé-es, vêtu-es de noir, place du Québec (en face de l'église Saint-Germain-des-Prés).
Notre volonté d'œuvrer à un monde de paix était symbolisée par la phrase de Benoîte Groult : « LE FÉMINISME N'A JAMAIS TUÉ PERSONNE - LE MACHISME TUE TOUS LES JOURS ».
En présence de Mme Venceslava Jarotkova, représentant M. le délégué général du Québec en France, nous avons dit à plusieurs voix un texte collectif « Mercredi noir » pour exprimer notre refus de la haine et de la violence machistes.
À l'appel du nom des quatorze femmes assassinées, quatorze d'entre nous ont déposé une rose blanche.
Entraîné-es par le groupe des Voix rebelles, nous avons chanté en chœur des chansons féministes, notamment l'Hymne des femmes.

En union avec les féministes du Québec, nous maintiendrons cette tradition à Paris chaque 6 décembre. Nous, féministes de France, garderons vivante la mémoire de ces femmes. Elles ont été assassinées parce qu'elles étudiaient des matières scientifiques, autrefois réservées aux garçons, parce qu'elles se préparaient à des professions jusqu'alors exercées par des hommes et qu'elles menaçaient donc des privilèges masculins.
Dans le monde, les deux tiers des analphabètes sont des femmes et des filles. Cette discriminination dans l'accès au savoir s'ajoute aux injustices et aux violences visant spécifiquement les femmes parce qu'elles sont des femmes

lundi 6 décembre 2004

[Archives du réseau Encore féministes !] Commémoration 6 décembre 2004

Comme chaque année, des membres du réseau « Encore féministes » se sont rassemblé-es à Paris, le lundi 6 décembre 2004, à 19h, place du Québec, à Saint-Germain-des-Prés, avec la participation de membres de la Délégation générale du Québec en France.

À l’appel du nom des quatorze mortes, quatorze personnes ont déposé chacune une rose blanche.
Nous avions déployé nos superbes banderoles portant la phrase de Benoîte Groult : « LE FÉMINISME N’A JAMAIS TUÉ PERSONNE - LE MACHISME TUE TOUS LES JOURS ». Avec la chorale féministe Les Voix rebelles, nous avons chanté l'Hymne des femmes.

Gardons la mémoire de ces jeunes femmes assassinées, qui faisaient des études d’ingénieur, un domaine traditionnellement masculin ! Agissons pour que cesse, partout dans le monde, la violence contre des femmes, isolées ou en groupe, pour que cesse la haine dirigée contre elles parce qu’elles sont des femmes.

Ensuite nous nous sommes retrouvé-es pour un banquet féministe dans un restaurant voisin.

Des extraits de la cérémonie ont été diffusés sur France-Culture, du 20 au 23 décembre 2004, dans l'émission La Nouvelle Fabrique de l'histoire.